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Musique classique et opéra par Classissima

Edvard Grieg

mercredi 31 août 2016


Carnets sur sol

29 août

2016-2017 : les opéras rares en France et en Europe

Carnets sur sol Cette année encore, petit tour d'horizon des œuvres plus rares qui passeront en France (et en Europe) dans la saison à venir. Classés par genre (chronologique et linguistique). ♥ Indique la cotation d'un spectacle vu. ♣ Indique la supposition personnelle de l'intérêt du spectacle. (1 indique plutôt un conseil négatif, à partir de 2 le conseil est positif, et de 3 plutôt vivement conseillé.) CSS à la conquête de l'Europe. Étranges putti sexués – dont l'un aux traits de l'impératrice ! – dans le décor de la bibliothèque de Napoléon à Compiègne. Sur les bagages, il est inscrit Buon viaggo in Cor… (« Bon voyage en Cor… ») et Posa piano (« Repose-toi bien »). PREMIERS OPÉRAS Rossi – Orfeo – Bordeaux, Caen, Versailles Encore présente cette saison, la production déjà en tournée la saison passée. Œuvre historiquement incontournable, remarquable musicalement, et servie au firmament par les artistes (Ensemble Pygmalion, et Francesca Aspromonte en Euridice). [notule ] → ♥♥♥♥♥ Cavalli – Eliogabalo – Garnier Un Cavalli rare, avec García Alarcón (grandement pourvu pour ce style), Fagioli et Groves. → ♣♣♣♣ Cavalli – La Calisto – Strasbourg Le Cavalli emblématique, dans un environnement surprenant de talentueux non spécialistes : Rousset, Tsallagova, Remigio, Genaux, de Mey. → ♣♣♣ OPERA SERIA Haendel – Israel in Egypt – Reims Bijou absolu de l'oratorio (surtout si la version retenue contient la déploration d'origine). Avec les Cris de Paris et les Siècles, très appétissant. (Direction Jourdain, avec notamment Redmond, Boden et Buffière). → ♣♣♣♣ Vivaldi – Arsilda, regina di Ponto – Caen Un Vivaldi rare, avec le fulgurant Vaclav Luks. → ♣♣♣ (parce que je n'aime pas plus le seria que ça, mais sinon…) Porpora – Il Trionfo della divina giustizia – Versailles Oratorio virtuose, avec le fin du fin de l'école seria française : Staskiewicz, Galou, et en prime Negri. → ♣♣♣ (idem) OPÉRA FRANÇAIS XVIIIe Lalande-Destouches – Les Éléments – Louvre Extraits (excellent interprétés) de cet opéra-ballet paré d'un grand succès en son temps. Le disque vient de paraître et vaut vraiment le détour. → ♥♥♥♥ Marais – Alcyone – Favart Retour d'une œuvre qui n'a pas, je crois bien, été rejouée depuis Minkowski au début des années 90. Le livret de La Motte n'est pas bon, et ce n'est pas le meilleur titre de Marais, mais les danses sont belles (et la tempête légendaire). Ce sera joué par Savall, qui n'a pas toujours brillé dans ce répertoire (il ne faut pas se fier aux disques Alia Vox, fabuleusement captés et traités, qui ne reflètent pas la sècheresse réelle de l'ensemble) ; il semble néanmoins s'être amélioré, et s'être entouré ici d'excellents spécialistes. → ♣♣ Rameau – Zoroastre – Versailles Suite des explorations de Pichon, avec ce titre splendide très peu joué. Avec Piau, Mechelen, Courjal, Immler. → ♣♣♣♣ Boismortier – Don Quichotte chez la Duchesse – Compiègne L'une des œuvres les plus jubilatoires de tout le répertoire de l'opéra. Néanmoins la production des époux Benizio rend discontinu ce qui était au contraire d'une densité extraordinaire (les ariettes ne font pas une minute, tout n'est que de l'action !). → ♥♥♥ (l'œuvre vaut le maximum, mais le résultat est ce qu'il est… mitigé) Sacchini – Chimène ou le Cid – Massy, Saint-Quentin-en-Yvelines Au milieu d'une production très plate, de très loin le plus bel opéra de Sacchini, par Julien Chauvin et son nouveau Concert de la Loge Olympique . → ♣♣♣♣ Salieri – Les Horaces – Versailles Le dernier opéra français de Salieri, après Les Danaïdes et Tarare , deux chefs-d'œuvre absolus. Les espoirs sont grands, a fortiori en considérant le sujet et les conditions de remise à l'honneur : Rousset, Wanroij, Lefebvre, Dran, Dubois, Bou, Foster-Williams, Lefebvre ! → ♣♣♣♣♣ Lemoyne – Phèdre – Bouffes du Nord, Caen Recréation d'un opéra de la fin de la tragédie en musique. Véritable découverte. → ♣♣♣♣ BELCANTO ROMANTIQUE Rossini – Elisabetta, regina d'Inghilterra – Versailles L'un des plus mauvais Rossini, pauvre comme un mauvais Donizetti : l'impression d'entendre pendant des minutes entières de simples alternances dominante-tonique, sans parler des modulations à peu près absentes, le tout au service d'une virtuosité qui ne brille pas forcément par son sens mélodique. Pour compenser, une direction nerveuse sur instruments anciens (Spinosi & Matheus) et une distribution constellée de quelques-uns des plus grands chanteurs en activité, Alexandra Deshorties (une des plus belles Fiordiligi qu'on ait eues), Norman Reinhardt (Kunde redevenu jeune !), Barry Banks… → ♣♣ Rossini – Ermione – Lyon, TCE Tournée lyonnaise annuelle, cette fois sans Pidò. Avec Zedda, Meade, Spyres, Korchak, Bolleire. Rossini – Il Turco in Italia – Toulouse Le plus bel opéra de Rossini, de très loin : un livret remarquablement astucieux que Romani (avec une posture méta- très insolite pur l'époque) emprunte à Mazzolà (il existe donc un opéra de Franz Seydelmann sur le même sujet, que je suis en train de me jouer, j'en parlerai peut-être prochainement) ; la musique est du meilleur Rossini comique, avec des ensembles extraordinairement variés et virevoltant, mais elle s'articule surtout parfaitement à un drame finement conçu. Avec Puértolas, Corbelli (Geronio) et Spagnoli (Selim). → ♣♣♣♣♣ Donizetti – Le convenienze ed inconvenienze teatrali – Lyon Donizetti comique très peu donné, dans une mise en scène de Pelly, avec Ciofi et Naouri. Verdi – Ernani – Toulouse On n'est plus exactement dans le belcanto, même si Verdi en reprend alors encore largement les contours, mais c'est plus facile à classer comme ça, pardon. Très peu donné en France, celui-là ; un massacre de l'original (non voulu par Verdi, mais la censure lui a imposé de changer tout ce qui faisait la spécificité du texte d'Hugo… on se doute bien que le roi dans l'armoire, prévu par Verdi, faisait tordre le nez aux Autrichiens), donc il ne faut pas en attendre un livret marquant, mais il dispose musicalement de bien de jolies choses déjà très spécifiquement verdiennes, des airs très personnels et de superbes ensembles. Avec Bilyy (miam) et Pertusi. → ♣♣♣ OPÉRA FRANÇAIS XIXe Meyerbeer – Le Prophète – Toulouse Depuis combien de temps n'avait-il pas été donné en France ? Plus tardif, d'un sarcasme plus politique et moins badin que ses succès antérieurs (Robert et Les Huguenots), le Prophète dispose d'un livret à nouveau d'une audace exceptionnelle, où le pouvoir aristocratique signifie l'oppression (sans aucun recours !), où la religion est le cache-misère de toutes les ambitions et le refuge de tous les fanatiques, où la mère prend la place de l'amante, et où le héros, après avoir chanté sa pastorale, commet un crime de masse… Musicalement, moins de chatoyances que dans la période précédente, plus guère de belcanto non plus, mais la sophistication musicale et orchestrale reste assez hors du commun pour l'époque. À part Berlioz, Chopin, Schumann et Liszt, qui écrivait des choses pareilles dans les années 40, avant la révolution wagnérienne ? On voit d'ailleurs tout ce que la déclamation continue et le travail de réminiscence a pu inspirer à Wagner, à qui Meyerbeer mit le pied à l'étrier pour la création parisienne de Tannhäuser – avec la gratitude qu'on connaît, c'est Wagner. Peut-être pas très adéquatement dirigé par Flor, il faudra voir. Avec Gubanova, Osborn et Iva shchenko . → ♣♣♣ Halévy – La Reine de Chypre – TCE Voilà un Halévy qui n'a guère été redonné. Assez différent de la Juive, si j'en crois mon exécution domestique il y a quelques années : des récitatifs bien prosodiés, beaucoup d'ensembles et de chœurs, mais un langage très simple, très mélodique, presque belcantiste, qui n'a pas du tout la même sophistication que Charles VI, La Magicienne, et bien sûr les plus complexes La Juive et Le Déluge. Mais exécution très prometteuse, par le Concert Spirituel, avec Gens, Laho, Dupuis, Huchet, Lavoie. → ♣♣♣ Halévy – La Juive – Strasbourg Encore un grand succès du livret subversif (et pourtant très populaire) signé Scribe. La direction de Lacombe fait très envie, la reprise de la mise en scène de Konwitschny (que je n'ai pas vue, mais il me semble que ça a déjà été publié) m'inspire moins confiance, et le manque de grâce de Saccà (Éléazar) aussi. Mais il y aura Varnier en Brogni et même Cavallier en archer… → ♣♣♣ Adam – Le Chalet – Toulon Pas grand'chose à se mettre sous la dent dans cette courte petite histoire, mais c'est très plaisant, et interprété par des grands : Tourniaire, Devos, Droy, Rabec. → ♣♣ Adam – Le Toréador – Rennes Dirigé par Tingaud, le célèbre opéra à variations, très plaisant et payant. → ♣♣♣ Thomas – Hamlet – Marseille J'hésite à le faire figurer dans la liste… l'œuvre est devenue (et à juste titre !) un véritable standard, il n'est pas de saison où on ne la joue en France, en Suisse ou en Belgique… Une série avait été proposée sur la transformation du matériau de Shakespeare aux débuts de CSS, et à l'époque où les prémices de la mode n'étaient pas encore une mode. Comme souvent, une superbe distribution : Ciofi, Brunet, R. Mathieu , Lapointe, Barrard, Bolleire, Delcour ! Moins enthousiaste sur Foster, qui défend généreusement ce répertoire, mais dont le style n'est en général ni soigneux, ni tout à fait adéquat. Néanmoins, ce sera très bien (mise en scène de Boussard qui devrait être bien). → ♣♣♣♣ Massenet – Don César de Bazan – Compiègne, Thaon-les-Vosges Remarquable production de ce qui était quasiment le dernier opéra (en tout cas parmi ceux qui ne demeurent pas perdus) à être remonté de Massenet, longtemps cru brûlé. Superbement chanté (Du mora , Sarragosse), superbement accompagné (Les Frivolités Parisiennes, l'orchestre remporte un Putto d'incarnat cette année dans le bilan qui sera publié), mise en scène riche et avisée. L'œuvre en elle-même hésite entre un sinistre jeu de cache-cache avec la mort (qui vous rattrape parfois) et une transformation vaudevillesque du pourceau d'Épicure en mari soucieux du respect des usages. Musique plutôt légère, mais d'une finition remarquable. → ♥♥♥♥ Saint-Saëns – Le Timbre d'argent – Favart Nouveauté chez Favart. Pas encore eu le temps de jouer la partition, mais forcément un bon a priori (opéra de Saint-Saëns + sélection Favart…). → ♣♣♣♣ Saint-Saëns – Proserpine – Versailles Autre inédit, pour la tournée annuelle de la Radio de Munich (qui n'est pas la Radio Bavaroise, notez bien) en partenariat avec Bru Zane. Ulf Schirmer dirige, avec Gens, Marie-Adeline Henry, Vidal, Antoun, Lavoie, Foster-Williams, Teitgen ! → ♣♣♣♣♣ Offenbach – Geneviève de Brabant – Nancy Un chouette Offenbach servi par une équipe épatante : l'habitué Schnitzler, Buendia (de l'Académie Favart, dans Cendrillon de Viardot et l'Écureuil Bleu de Dupin), R. Mathieu , Piolino, Huchet, Grappe, Ermelier… → ♣♣ MUSIQUE DE SCÈNE ROMANTIQUE Grieg – Peer Gynt – Limoges Dirigé par Chalvin, avec Kalinine en Anitra. (Chanté en VO, je ne peux pas dire comment sera le reste du dispositif, sans doute des résumés en français.) SLAVES Tchaïkovski – La Pucelle d'Orléans – Philharmonie de Paris Très rare en France, et interprété non seulement pas de vrais russes, mais par la troupe du Bolshoï elle-même (dirigée par Sokhiev).→ ♣♣♣♣♣ Rimski-Korsakov – Snégourotchka – Bastille Là aussi, rareté à peu près absolue sur le sol français. Tcherniakov en promet une relecture érotisante (propre à choquer le jeune public, précise l'avant-programme de l'Opéra…). Distribution bizarrement attelée (Garifullina dans le rôle-titre, mais aussi D'Intino et Vargas…). → ♣♣♣ Dvořák – Rusalka – Tours Rusalka s'est pas mal imposée hors d'Europe centrale. Prélude, je l'espère, à l'importation d'autres titres de haute valeur (Armida, Dalibor, Libuše, Fiancée de Messine, Šárka…). Ici, c'est même avec une distribution étrange, très française, avec Manfrino et Cals (Princesse Étrangère !), ce qui m'effraie un rien, je dois dire. En revanche, l'excellent Micha Schelomianki en Ondin (rôle dont il est de plus très familier), et la voix n'est pas trop russe-ronde pour du tchèque. L'œuvre est une merveille absolue qui se révèle encore mieux en salle. [livret , musique , discographie exhaustive ] → ♣♣♣ Stravinski – The Rake's Progress – Caen, Rouen, Limoges, Reims De jolies choses dans la distribution (Marie Arnet, excellente mélisande ; Isabelle Druet en Baba ; Stephan Loges en père Trulove), mais un opéra déjà faible dirigé avec la raideur de Deroyer, je ne suis pas complètement tenté. → ♣♣ Prokofiev – L'Ange de feu – Lyon Si Guerre & Paix est le plus impressionnant scéniquement et dramatique (l'un des plus avenants mélodiquement aussi), L'Ange de feu est le plus impressionnant musicalement de toute la production lyrique de Prokofiev – c'est d'ailleurs la matière-première de sa Troisième Symphonie. Avec Ono, Syndyte, Efimov, Naouri. → ♣♣♣♣ XXe SIÈCLE DIVERS … où l'on trouve énormément d'œuvres légères, en réalité. Hindemith – Sancta Susanna – Bastille Sujet mystico-érotique sur une musique très dense, du Hindemith très décadent, qui doit beaucoup plus à Salome que n'importe quelle autre de ses œuvres. Avec Antonacci, couplé avec Cavalleria Rusticana (avec Garanča), une assez chouette association. → ♣♣♣♣ Britten – Owen Wingrave – Amphi Bastille … mais par l'Atelier Lyrique de l'Opéra, dont je n'aime pas du tout les choix de recrutement, ni les spectacles. Déjà donné pour leur Britten (Lucrèce ), je passe. → ♣♣ Sauguet – Tistou les pouces verts – Rouen Sauguet n'est pas un immense compositeur, mais il a une fibre théâtrale, ce devrait être sympathique. → ♣♣♣ Rota – La notte di un nevrastenico – Montpellier Avec Bruno Praticò et le formidable Bruno Taddia, œuvre comique que je n'ai pas testée. → ♣♣♣♣ Rota – Aladino e la lampada magica (traduit en français) – Saint-Étienne Avec Larcher, Buffière, Tachdjian . Autre nouveauté pour moi, qui me rend bien curieux. → ♣♣♣ Menotti – The Telephone – Metz Menotti – Amelia al Ballo – Metz Le sommet du Menotti « conversationnel » (en version originale – il existe aussi une excellente version française), d'une fraîcheur jubilatoire, couplée avec son plus célèbre opus de type lyrique. Très beau choix, dirigé par Diederich, avec la jeune gloire Guillaume Andrieux.→ ♣♣♣♣ CONTEMPORAINS Du côté des vivants à présent. Gérard Pesson – La Double Coquette – Lille Fin de la tournée. Bricolage des Troqueurs de Dauvergne avec des moyens « musicologiques » : Ensemble Amarillis, Poulenard (toujours étincelante), Villoutreys, Getchell. On peut le voir comme un moyen de toucher des droits à la façon du coucou, de remplir les quotas de musique contemporaine sans effrayer le public, ou bien comme une façon de rendre plus dense cette œuvre très légère qui a beaucoup vieilli et paraît peu consistante jouée seule, difficile de trancher. → ♥♥♥ Roland Auzet – HIP 127 – Limoges Moneim Adwan – Kalîla wa Dimna – Lille Joué à Aix cet été. Le principe du métissage avec le chant arabe classique est sympa, mais ça ne marche pas, et le livret, sa mise en scène, également statiques, ne sont pas bons non plus. → ♥ Lionel Ginoux – Vanda – Reims Lucia Ronchetti – Pinocchio – Rouen Pas très optimiste vu la tête de son Sonno di Atys, particulièrement peu intelligible (pourtant, le sommeil d'Atys n'est pas spécifique au mythe, ce doit être une référence à LULLY…), à l'opéra ce ne doit pas être un langage très compatible . → ♣♣ Ahmed Essya – Mririda – Strasbourg Martín Matalon – L'Ombre de Venceslao – Toulouse, Avignon, Rennes, Clermont-Ferrand Ici encore, pas un langage très prosodico-compatible à mon avis. Je n'ai pas été très convaincu par ce que j'ai entendu de Matalon jusqu'ici, mais le cahier des charges d'un ompéra étant forcément différent… → ♣♣ Violeta Cruz – La Princesse Légère – Compiègne Marius Felix Lange – Schneewittchen – Colmar, Strasbourg, Mulhouse Arthur Lavandier – Le premier meurtre – Lille Tout jeune. Pas entendu. OPÉRETTES ET COMÉDIES MUSICALES J. Strauß – Eine Nacht in Venedig – Lyon Lehár – Le Pays du sourire – Tours (Avec Philiponet, Droy, Dudziak) Messager – L'Amour masqué – TM Lyon Christiné – Dédé – Marseille Lopez – Prince de Madrid – TM Lyon Lopez – La Route fleurie – Marseille Scotto – Violettes impériales – Marseille Bernstein – Candide – Toulouse, Bordeaux Sondheim – Sweeney Todd – Toulon Mitch Leigh – L'homme de la Mancha – Tours Jerry Bock – Un Violon sur le toit – Massy, Avignon Un petit phénomène Luis Mariano semble-t-il, entre Lopez et Scotto ! Sinon, le jubilatoire Candide, la comédie musicale la plus opératique de Sondheim (pas sa meilleure), et la fameuse pièce de Leigh illustrée par Brel, chantée par Cavallier (pas de la grande musique, mais les basses aiment bien chanter ça semble-t-il Jérôme Varnier en donne aussi en récital). Dédé est à recommander avant tout pour le théâtre, avec une intrigue très vive et des caractères plaisants, tandis que la musique légère jazzy n'est pas ce qui frappe le plus l'attention. Je ne m'avance pas sur des cotations ici, ça dépend tellement des inclinations de chacun… En ce qui me concerne, Sweeney Todd me laisse plutôt froid (mais est considéré comme une œuvre majeure de Sondheim), tandis que je n'ai rien contre Lopez et Scotto (particulièrement mal vus, mais en salle, ça coule très agréable)… Idem pour J. Strauß et Lehár, il faut être dans l'humeur adéquate (je n'en raffole pas personnellement, mais c'est musicalement plutôt bien tenu). AILLEURS EN EUROPE À part la création très inattendue d'un opéra de Kurtág à la Scala (Fin de partie, un choix moins surprenant), les raretés sont surtout des spécialités locales : ¶ les deux Erkel célèbres à Budapest (Bánk bán et Hunyadi László), plus le Ténor de Dohnányi (et la Reine de Saba de Goldmark), ¶ deux Dvořák semi-rares (célèbres mais à peu près jamais donnés hors des terres tchèques, Le Diable & Katia et Le Jacobin) à Prague, ¶ Sakùntala d'Alfano à Catane, ¶ Peer Gynt d'Egk à Vienne, ¶ Doktor Faust de Busoni à Dresde, ¶ Oberon de Weber & Die Gezeichneten de Schreker pour le festival munichois de juillet 2017. Restent Rimski-Korsakov (Le Coq d'Or à Bruxelles) et Britten, Curlew River à Madrid et Death in Venice à la Deutsche Oper Berlin, moins congruents. D'ici quelques jours devraient paraître à la fois le bilan de la saison écoulée (avec remise de breloques !) et la sélection de concerts du mois de septembre.

La lettre du musicien (Comptes rendus)

23 août

Au Touquet, le piano fait des folies

Sur la Côte d’opale, Le Touquet-Paris-Plage accueille chaque année depuis huit ans un festival où le piano est roi, Les Pianos Folies. De l’édition 2016, foisonnante et jubilatoire, on retiendra nombre de moments forts.Remplaçant le pianiste chinois Muye Wu, la Bulgare Plamena Mangova a donné du Concerto de Grieg une leçon éblouissante de virtuosité habitée, culminant dans la cadence du premier mouvement, où elle fit admirer la diversité et la richesse de sa palette sonore. Dauphine d’Anna Vinnitskaia au concours Reine-Elisabeth 2007, sa sensibilité à fleur de peau émeut davantage que la sensualité débridée de son ancienne rivale, en symbiose parfaite avec le Chopin des Préludes, mais manquant de la simplicité nécessaire pour traduire l’univers des Scènes d’enfants de Schumann. Deuxième prix en 2013 du même concours, Rémi Geniet confirme sa jeune maturité et son affinité avec le Beethoven – des Sonates n°2 et 14 – tout en révolte contenu, préfigurant les audaces instrumentales du Prokofiev de la Huitième Sonate. Du “Chopin espagnol”, Granados, Guillaume Coppola restitue toute la poésie solaire et aristocratique par trois de ses Danses espagnoles et le virtuose Allegro de concert. Boris Berezovsky domestique son trop-plein d’énergie, déployé pour les Etudes d’exécution transcendante de Liszt, pour donner vie à l’animation colorée des Trois Mouvements de Petrouchka. Transcriptions toujours avec le duo Jatekok, Naïri Badal et Adélaïde Panaget, qui nous a proposé une mise à nu révélatrice des innovations harmoniques du Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy comme de la révolution rythmique du Sacre du printemps de Stravinsky. Dans l’esprit de rigueur de leur parrain spirituel, György Kurtag. David Kadouch évoque, avec une science consommée de la dynamique et de la couleur, les terreurs cachées dans les Waldszenen de Schumann avant l’implacable montée vers l’horreur du Gaspard de la nuit ravélien. Plus introspective peut-être, la version des mêmes Scènes de la forêt par Claire Désert, complétée par les Papillons et deux mélodies, Widmung et Frühlingsnacht, – miracles de transcriptions de Liszt –, brosse un portrait sans pathos des états d’âme schumanniens. On saluera enfin la production par la compagnie Opéra Côté chœur d’une Traviata de Verdi, dans une mise en scène intimiste de Bernard Jourdain, interprétée par de jeunes professionnels, issus pour la plupart de nos conservatoires supérieurs, à l’instar du chef d’orchestre Frédéric Rouillon et de la Violetta bouleversante de Dorothée Lorthiois. (13 au 21 août)




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26 juin

CD, coffret événement. EMERSON String Quartet / Quatuor Emerson : complete recordings on DG Deutsche Grammophon (52cd)

CD, coffret événement. EMERSON String Quartet / Quatuor Emerson : complete recordings on DG Deutsche Grammophon (52cd). Voilà 40 ans déjà que les Emerson traverse pays et répertoire, affirmant une cohésion sonore et expressive d’une indiscutable force. Fondé à New York en 1976, les quatre instrumentistes à cordes (David Finckel, Eugene Drucker, Lawrence Dutton, Philip Setzer, Paul Watkins, Guillermo Figueroa) ont pu approfondir une complicité et une écoute rares que leurs enregistrements majoritairement pour DG – prestigieux label jaune-, éclaire, dévoilant une diversité curieuse, et pourtant une unité et une logique qui fondent aujourd’hui comme rétrospectivement l’intelligence de leur démarche : servir les auteurs du XXè à partir d’une souplesse tous azimuts forgée et ciselée dans l’apprentissage des auteurs romantiques germaniques, slaves et russes. La particularité des Emerson revient aux deux violonistes qui alternent selon les cycles et les répertoires la place de premier violon. Leur performance en 2010 entre autres, lors de la Biennale de Quatuors à cordes qui invite à Paris à la Philharmonie les meilleures phalanges chambristes du genre, ont affirmé un pureté de son subjuguante au service des compositeurs abordés : en majorité, non pas les grands classiques viennois : – même s’ils jouent les 7 dernières Paroles du Christ de Haydn et la « rafraîchissant » verve du n°77, Mozart (les 6 Quatuors dédiés à Haydn) et Beethoven (intégrale ici en 5 cd, 21-27)-, mais plutôt les « classiques » modernes, ceux du XXème siècle qui ont fait le coeur le plus palpitant de leur vaste répertoire : Bartok (les 6 Quatuors dont « Lettres intimes »), incontestablement Dvorak (dont aussi les pièces avec piano), surtout les russes dont évidemment l’intégrale des Quatuors de Chostakovitch (cd 30-34). Parmi les premiers romantiques, citons l’exceptionnel relief de leurs Schubert (D804, D810 …), la lumière des Mendelssohn (avec l’Octuor); la souplesse liquide des Schumann (n°3 opus 41/3 et le Quintette pour piano); … Tout cela prélude à l’acuité d’une sensibilité portée et inspirée par les derniers romantiques (évidemment Brahms) et les écritures du XXè que l’on a citées, auxquelles s’associent Webern (Quatuors et Trios, cd19), Berg (Suite lyrique, cd51), tout un cycle d’auteurs à l’œuvre restreinte voire unique (mais si géniale) : Tchaikovsky, Borodine, les français (trop rares) Ravel, Debussy, Nielsen, Sibelius, Martinu, Grieg… Ce legs postromantiques et moderne est idéalement complété par les incursions plus contemporaines chez Harbison, Wernick, Schuller, Ives… les 52 cd composent une rétrospective magistrale qui démontre une logique artistique, une éloquente maturité sonore. Incontournable. CD, coffret événement. EMERSON String Quartet / Quatuor Emerson : complete recordings on DG Deutsche Grammophon (52cd Deutsche Grammophon 00289 479 5982 GB52). Parution : juin 2016. CLIC de CLASSIQUENEWS



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14 juin

5ème Symphonie de Beethoven

France Musique, mardi 21 juin 2016, 20h : 5ème de Beethoven. En direct, Spécial fête de la musique : la chef d’orchestre Marzena Diakun dirige l’orchestre Philharmonique de Radio France dans un programme festif, célébrant la Fête de la musique en ce premier jour de printemps. 5ème Symphonie de Beethoven La Cinquième symphonie est avec la Neuvième la plus célèbre des symphonies de Beethoven, peut-être même de toute l’œuvre du compositeur. Incarnant souvent l’image même de la musique classique, c’est grâce à son premier mouvement rempli d’énergie que l’œuvre doit son immense popularité. L’ouverture foudroyante mondialement connue, un simple motif de quatre notes, nous identifie immédiatement avec le génie de compositeur. “So pocht das Schicksal an die Pforte” (« Ainsi le destin frappe à la porte”), aurait rapporté le compositeur à Schindler. Elle a un impact formidable sur toute la génération succédant à Beethoven. Berlioz, grand admirateur du génie allemand, est là pour en témoigner. Au chapitre XX de ses Mémoires, il raconte comment son maître Lesueur pourtant hermétique à la musique de Beethoven, fut bouleversé, même épuisé par l’émotion que lui a suscité la Symphonie. Remis de ses émotions, il dit plus tard au jeune Berlioz : « C’est égal, il ne faut pas faire de la musique comme celle-là », à quoi l’élève répondit : « Soyez tranquille, cher maître, on n’en fera pas beaucoup. ». Autre anecdote célèbre, toujours dans ses mémoires, Berlioz raconte qu’au cours d’un concert, un vieux grenadier de la garde Napoléonienne, au moment où débuta le finale, se leva et s’exclama :”L’Empereur, c’est l’Empereur!”. Même Goethe, alors réticent à la musique de Beethoven, fut saisi d’émotion par le chef-d’œuvre que le tout jeune Mendelssohn lui joua dans une transcription au piano. Lors de la seconde guerre mondiale, le début de la cinquième était le symbole de la résistance française, la BBC débutait ses messages radios avec les quatre notes frappées par les timbales comme indicatif de ses émissions à l’intention des pays européens sous l’occupation nazie. Trois brèves, une longue, significatif de la lettre V en morse : le V de la victoire, le V de la 5ème symphonie. Contemporain de la Sixième
. Cette symphonie est contemporaine de la Sixième composée pratiquement en même temps. Les premières esquissent datent de 1803, mais c’est en 1805 que Beethoven commence sérieusement sa composition. Après une coupure d’un an, il l’a reprend avec la Sixième symphonie et l’achève probablement en mars 1808. Ces deux jumelles, bien que d’un caractère totalement différent, sont toutes les deux jouées lors d’un célèbre concert datant du 22 décembre 1808 au Theater “An der Wien”. Le programme paraît aujourd’hui bien surchargé puisqu’il comprend en plus des symphonies, le Quatrième concerto pour piano opus 58, la Fantaisie chorale, ou encore des extraits de la Messe en ut. Les deux oeuvres sont présentées dans l’ordre inverse de leur numérotation définitive et paraissent chez Breitkopf et Härtel en 1809. Elles sont dédicacées conjointement au prince Lobkowitz et au comte Razumovsky. Les quatre mouvements Allegro con brio : une forme-sonate traditionnelle, basée sur le célèbre motif de quatre notes (motif déjà utilisé par Beethoven auparavant). Mouvement d’une grande intensité, d’une énergie débordante. Andante : grande sérénité, où l’auditeur recherche la détente nécessaire après la tension accumulée par l’allegro qui précède. Il s’agit d’une variation libre à deux thèmes, seul mouvement lent de symphonie dans cette forme. Certains passages au cœur du mouvement s’avèrent très énergiques, et annoncent d’une certaine manière la finale. Allegro : il s’agit encore une fois d’un scherzo bien que Beethoven n’en fasse aucune mention sur la partition. Une première partie mystérieuse, angoissante dans des nuances pianissimo s’oppose à une seconde fortissimo basée sur le même motif que le premier mouvement. Il s’enchaîne directement au finale sans interruption par un immense crescendo orchestral. Allegro : Finale triomphant qui représente l’aboutissement de tout ce qui précède. L’éclatant ut majeur sonne la victoire du compositeur sur sa destiné. Sur France Musique, ce 21 juin , le Philharmonique de Radio France joue le premier mouvement de la Symphonie n°5 de Beethoven… Concert diffusé en direct de l’Auditorium de la Maison de la radio, à Paris Ludwig van Beethoven: 
Symphonie n°5 en do mineur op.67 – 1er Mouvement Edvard Grieg
: Peer Gynt op.23 – Musique de scène pour le drame d’Ibsen Piotr Ilyitch Tchaïkovski: 
Roméo et Juliette – Ouverture fantaisie d’après Shakespeare Nikolaï Andreïevitch Rimski-Korsakov: 
Le vol du bourdon Alexandre Borodine: 
Le Prince Igor – Danses Polovtsiennes Camille Saint-Saëns: 
Danse macabre op.40 – Poème symphonique Antonin Dvorak: 
Danses slaves pour orchestre n°1 en do Maj. op.46 Orchestre Philharmonique de Radio France Marzena Diakun, direction

Edvard Grieg
(1843 – 1907)

Edvard Grieg (15 juin 1843 - 4 septembre 1907) est un compositeur et pianiste norvégien de la période romantique. Greig est surtout connu pour ses œuvres Concerto pour piano en la mineur et Peer Gynt, la célèbre musique de scène spécialement composée pour le drame d'Henrik Ibsen.



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Concerto Pour Piano Au Matin Peer Gynt

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